Procrastination

Quit procrastinating

Aaaah la procrastination, mon amie, ma partenaire, ma faiblesse, ma force ?

Il faut du temps, ou une bonne analyse, pour délier les écheveaux des motifs qui nous poussent à procrastiner. Moi, c’est la peur de voir, dans mon travail (artistique ou intellectuel), les limites de mes compétences ou de mon intelligence. Je préfère procrastiner, faire tout au dernier moment, pour éviter de faire bien les choses et d’être jugée à travers elles.

Et puis la procrastination, qui n’a pas eu besoin d’Internet pour voir le jour (je me souviens de ma méthode pour rédiger mes dissert’ de philo, lorsque je passais des heures au CDI ou à la bibliothèque municipale pour lire sur les sujets de ma dissert, me laissant porter par la sérendipité pour finir par rédiger le dimanche soir pour rendre la copie le lundi matin…), est mon dada depuis quelques années, parce qu’elle permet aussi des créations intéressantes, drôles, tellement vraies surtout. Voici donc une petite sélection thématique sur la procrastination.

La première vidéo, de l’artiste Johnny Kelly est une belle illustration de la façon dont la procrastination peut-être l’élément fondateur de la création :

La seconde est l’œuvre d’une troupe de talentueux artistes américains qui font du Broadway sur Youtube (c’est un piège, l’air va vous rester dans la tête un moment !) : « Procrastination, the muscial »

Si vous êtes fan de Doctor Who, de GTA, que vous voulez vous moquer de votre addiction à Facebook, de nombreuses vidéos vous attendent sur l’excellent chaîne Youtube de AVbyte.

Enfin, voici ma procrastination assumée, au crayon à papier sur des feuilles de brouillon…

Cette présentation, je l’ai faite pour la soirée END (trois lettres en rouge, typo sans empattement sur un fond blanc, ça vous rappelle peut-être quelque chose…) de Jean-Baptiste. Je l’ai bien sûr faite le matin pour le soir, donc, j’ai pris des brouillons chez mon père, fait quelques dessins à la va-vite, photographié mes feuilles que j’ai ensuite enregistrées dans un Powerpoint. J’ai ensuite révisé mes fiches dans le bus qui nous conduisait à la soirée et pouf pastèque. C’est carrément brut de coffrage, mais au moins vous ne saurez pas ce que ça donne si j’avais pris le temps de bien le faire (ou de le refaire).

Procrastination forever !

Faire les magasins

Après la mise en place d’une charte graphique dans la bibliothèque, les différentes productions des bibliothécaires et des documentalistes ont commencé à s’harmoniser. La signalétique en rayon à également été revue et refaite à 99%, je dirais. Il restait tout de même une grooooose bête noire : les magasins.

Ils sont remplis de fonds divers et variés, ayant chacun une cote propre, il est parfois très difficile d’y chercher un livre quand il faut faire la différence entre une cote en M. en M[_], en M/, etc. De plus, tous les affichages sont biffés, raturés, réécrits à la main, utilisent des typos différentes. Bref, c’est le bordel. J’ai donc décidé de refaire l’affichage, et tant qu’à faire, de m’amuser un peu. Alors, en vrai geek, pas toujours bien raccord question droit d’auteur, je suis allée piquer quelques images de la série BBC Doctor Who (saisons récentes) pour faire la signalétique des espaces réservés au pilon. Chacun son fun !

Read the f… manual

Lorsque je travaillais à la bibliothèque universitaire d’Angers, on avait un système plutôt compliqué pour l’utilisation des photocopieuses. C’était difficile à utiliser et difficile à expliquer. Mon ancien responsable en avait fait d’ailleurs un mémorable mode d’emploi plus complexe qu’un kit de montage de disque dur en allemand traduit du coréen.

Il n’empêche que de s’atteler à la mise en forme d’un mode d’emploi ou d’une méthode est une gageure intéressante à laquelle je me suis essayée durant cette dernière année.

J’ai d’abord tenté la synthétisation de la méthodologie documentaire. Je trouvais beaucoup de PPT sur la question, mais je voulais travailler avec une infographie et, n’en trouvant pas, j’ai décidé d’en créer une.

Cela donnait donc cela :

Je n’allais pas m’en tenir là car, puisqu’on me demandait des formations sur Europresse (qui valent bien un mode d’emploi de photocopieuse, c’est clairement une base pour documentaliste !) j’allais en faire un résumé en une page. J’avoue, ça reste un peu abscons… A revoir, mais la première partie du travail est faite, il ne reste plus qu’à peaufiner.

Enfin, pour rendre hommage à Victor Hugo pour qui le lyrisme va toujours par trois (car oui, c’est lyrique la recherche documentaire, on ne le dit jamais assez), j’ai commis, pour la bibliothèque, une espèce de mode d’emploi pour la recherche de revue. Et là, il faut le dire, ce n’est pas simple ! Mais on essaye de se détendre et de parler calmement et ça va mieux en le lisant.

Tous ces travaux ont été réalisés sous Inkscape (que je commence vraiment à apprécier, j’en perds mon Illustrator) et sont sous Creative Commons.

Mise à jour, avril 2015 :

Je viens de voir, sur le site Fenetresur de Claire Cassaigne, professeur-documentaliste au collège Gérard Philipe (Paris), une adaptation niveau collège de mon infographie (voir sur son site ou sur Piktochart, éditeur d’infographie en ligne). J’avoue, ça me fait très plaisir de voir mon travail repris et adapté, comme l’avait déjà fait Julie Labbé pour des lycéens, dans une version plus bucolique.

Jj’aime beaucoup la façon dont Claire Cassaigne a traité l’étape Exploitation des documents qui finalement, manque au mien et qui est tout à fait pertinente. Bonne perspective pour retravailler la mienne.

Un papier peint maison

La redécouverte de la gomme à graver il y a quelque mois m’a incité à ressortir mes gouges et à faire quelques tentatives diverses (merci encore Pinterest, pour l’idée). Je ne suis pas une grande dessinatrice (ouhla, non !), mais j’ai fait quelques essais sympas en achetant des tampons encreurs pour le tissu (chez Rougié et Plé). J’ai voulu aller plus loin dans une tentative déco en choisissant un motif et en le reproduisant (plutôt aléatoirement) sur un grand morceau de papier.

IMG_0352J’ai donc choisi un motif que j’ai trouvé sur Flickr.IMG_0360Je l’ai reproduit et adapté à mon morceau de gomme à graver acheté chez Joop Stoop, dans le 13ème arrondissement à Paris.IMG_0362Je l’ai ensuite gravé en essayant, cette fois-ci, de ne pas m’enfoncer la gouge dans le pouce. Bon, c’était il y a longtemps et on m’avait bien dit de ne pas mettre ma main devant la gouge. Et bien sûr, je n’ai pas écouté…  IMG_0370Enfin, j’ai reproduit mon motif sur une grande bande de papier d’un rouleau Ikea. Le truc, c’est qu’il s’agit d’un papier acide d’assez mauvaise qualité, il a beaucoup jauni depuis.IMG_0367Et voilà ! L’expérience est assez concluante, mais à retenter sur un autre papier et, peut-être cette fois-ci, en créant un gabarit pour aligner correctement le motif.

On avait dit : « Pas de QR code !!! »

QR code

Notre centre de documentation posséde une page Facebook pour laquelle nous nous sommes dit qu’il était temps de re-communiquer, afin de relancer la dynamique des abonnements (J’aime, syndication… comme vous le souhaitez).

Après avoir travaillé sur différentes idées pour des cartes postales de communication (encore !),  j’ai eu envie d’intriguer le lecteur en utilisant une image un peu cryptée et j’ai donc opté pour un QR code (Non ?? Si ! Rooh…).

Pourtant, je suis fondamentalement contre. Je ne sais pas qui les utilise mais certainement pas mes amis ou collègues équipés de smartphones dont aucun n’avait l’application sur son téléphone (ils l’ont tous gentiment téléchargée pour que je puisse tester mon QR code, moi qui suis dégradée de la vie sociale numérique pour cause de smartphone cassé – peine, douleur, gémissements…).

Alors j’ai gravement fauté. Je suis allée créer un QR code gratuitement sur un site Internet. Je l’ai ensuite vectorisé puis colorisé dans mon logiciel fétiche : Inkscape.

qrcode in progress qr codePour un résultat final qui ressemblera, grosso modo, à cela :

visuelCet un essai, je ne sais pas si l’idée est pertinente, mais il me semblait intéressant de dévier l’outil pour créer un visuel assez graphique et pour le coup, réapproprié (avec les couleurs de la charte et la typo adéquate). A voir à l’usage.

Défi lecture 2015

Défi lecture 2015

La procrastination sur Pinterest n’a pas que des mauvais côté puisqu’elle permet, outre de rêver à ces milliers de DIY que l’on ne fera jamais et aux milliers d’appartements à la décoration splendide que l’on n’habitera jamais, de trouver des petites choses sympa comme ce défi lecture  du site américain PopSugar. Je me suis empressée de le mettre sur mon propre tableau Pinterest  et de le partager sur Facebook. J’ai également ouvert un petit Framapad, qui permet à toutes les personnes qui ont envie de participer, de pouvoir inscrire les livres qu’ils ont lus, pour chaque catégorie, avec une petite appréciation, s’ils le souhaitent.

L’intérêt de ce défi lecture est de sortir de sa zone de confort et de ses habitudes de lecture pour aller voir un peu ailleurs. De fait, pour chaque critère, j’essaye simplement de chercher un livre qui y corresponde stricto sensu sans m’attacher à l’auteur ou à l’édition. Cela permet ainsi, en bibliothèque ou en librairie, de se laisser porter par les découvertes, qu’elles soient décevantes (La 27ème ville de Jonathan Franzen, éditions l’Olivier, 2001, qui ne m’a pas enthousiasmé) ou bouleversantes comme Anima de Wajid Mouawad chez Actes Sud.

Bon, j’ai emprunté Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat car j’adore cet auteur, mais il n’y pas de critère pour celui-là. Tant pis…

Crédit photographique : http://undergroundnewyorkpubliclibrary.com, excellent Tumblr de lecteurs pris sur le vif dans le métro new-yorkais.

Communication des formations

Dans notre bibliothèque, puisque nous proposons maintenant une offre de formations, nous avons décidé de créer des supports de communication. En interne, les formations ont été annoncées et relayées dans le cadre du conseil de la documentation, mais pour les lecteurs externes, il était intéressant, en plus du site internet (en cours) et de la page Facebook, de pouvoir disposer d’un support informatif. Personnellement, j’aime assez les cartes postales : elles se glissent facilement dans un livre, quand il reste de la place dessus (ce que j’essaye de faire à chaque fois), on peut noter des petites choses, un rendez-vous, un numéro de téléphone… Bref, se réapproprier le support, au risque, bien sûr, que le message disparaisse derrière le médium…

Pour ce travail-ci, j’ai choisi deux motifs : les outils et la licorne. Les outils sont assez évidents, mais je leur garde une place à part dans mon cœur pour avoir fabriqué des clefs en plastiques dans l’atelier moulage des Beaux-Arts de Rennes. D’ailleurs, je les réutiliserai dans un prochain visuel… Quant à la licorne, je l’aime pour son côté terriblement kitsch mais tout à fait évocateur des usagers de la bibliothèque arrivant benoîtement à l’accueil en espérant trouver LE document qui répondra à l’intégralité de leur sujet de recherche.

Communication des formations« Unicorn » Yosuke Muroya CC-BY-NC
« Vintage tools » Shawnee Union CC-BY-NC

The « F » word : trouver de l’information… (et ensuite ?)

Unicorn

Je suis tombée sur cet article d’Emma, bibliothécaire spécialiste en compétences informationnelles à l’université East Anglia, auteur du blog The mongoose librarian qui m’a fait réfléchir aux formations à la recherche doc que l’on délivre en bibliothèque universitaire. La plupart du temps, j’ai l’impression que les articles sur les compétences informationnelles enfoncent des portes ouvertes (pour assoir une quelconque validité extrinsèque de la recherche documentaire en général ?). Mais cet article-ci a le mérite de mettre l’accent sur une partie des compétences de la recherche que nous n’avons souvent pas le temps d’aborder en formation : la distinction des sources.
La plupart des méthodologies, la mienne incluse, insiste sur le fait de trouver l’information. Pour Emma, dans ce monde submergé d’infos, trouver de l’information, est assez aisé. Trouver la bonne information, ce qui implique de critiquer, de juger, de distinguer et de réfléchir, n’est, finalement, pas une évidence.
Pour l’auteur de cet article, le plus important, est ce que l’étudiant doit faire de l’information trouvée. Comment va-t-il créer du sens autour d’elle ? Et surtout, lui fournit-on, à la fac, la méthode pour le faire ?
En bibliothèque, pour présenter le concept d’information, on adopte deux postures. La première est celle de la recherche d’information : chercher, trouver, c’est fini !
La seconde est plus académique : on cherche de l’information, on la lit, on l’exploite, on la critique.
Trouver est une étape de base que l’on peut aborder avec les premières années. Ensuite, il faut appréhender la manière dont on utilise l’information. Il s’agit alors de s’engager dans une pratique académique.
Globalement, même si la question de l’exploitation des documents n’est pas abordée en formation à la recherche documentaire, il est bon de prendre le temps d’expliquer que le moment où l’on trouve l’information n’est pas une fin, mais le début de tout le travail.
Et là, je vois déjà le désespoir dans l’œil des étudiants !

La question qui reste ouverte, c’est comment et avec quelle validité peut-on travailler ces étapes avec les étudiants ? Est-ce du ressort de la bibliothèque universitaire ou enseignants ? Je suppose qu’aujourd’hui, il n’y a pas de réponse idéale, cela dépendra des demandes des enseignants, des étudiants, de la politique de la bibliothèque, du temps et des compétences de son personnel…

En attendant, pour les étudiants qui cherchent de la méthodologie (ce qui m’a tellement manqué pendant mes études, il faut le dire), je ne saurai que trop conseiller l’achat et l’exploitation assidue de cet excellent livre québecois Pour réussir, guide méthodologique pour les études et la recherche de Bernard Dionne.